
L'essor rapide et incontrôlé de la production animale industrielle suscite de vives inquiétudes à l'échelle mondiale. Ce phénomène, en décalage avec les engagements internationaux pour le développement durable et la protection du climat, représente un défi majeur pour le Togo, nécessitant l'intervention d'organisations non gouvernementales telles que « Jeunes Volontaires pour l’Environnement » (JVE).
Le 8 août 2025, à Lomé, JVE a organisé un atelier de validation du « livre blanc togolais » portant sur la transition vers des systèmes alimentaires justes, humains et durables, en opposition à la production animale industrielle.
Cette rencontre avait pour objectif de valider et d'enrichir la version préliminaire du livre blanc en intégrant les connaissances, préoccupations et propositions des organisations de la société civile (OSC), afin d’en renforcer la pertinence et la légitimité.
L'initiative vise à orienter les recommandations du document en fonction des réalités et priorités des acteurs locaux, en particulier des OSC, pour garantir une meilleure prise en compte des enjeux sur le terrain et renforcer leur engagement.

Le Togo fait face à une situation paradoxale : bien que le secteur de l'élevage soit crucial pour les moyens de subsistance, il reçoit un soutien insuffisant pour répondre à la demande croissante en protéines animales. Environ 40 % des protéines animales consommées dans le pays sont importées, ce qui compromet la souveraineté alimentaire et l'économie nationale.
Charles Fomedi, environnementaliste et responsable des questions de changement climatique à JVE, a déclaré : « L'objectif de cet atelier est d'impliquer toutes les couches de la population, notamment les OSC, les autorités locales et les ministères, pour formuler des recommandations sur le document, élaboré à partir d'une étude sur l'impact de la production animale industrielle. »
Aluora A. Luttah, directrice des programmes à JVE, a souligné que le livre blanc est le résultat d'un travail collectif et participatif, visant à proposer une feuille de route crédible pour sortir progressivement du modèle industriel de production animale, dont les effets néfastes sont bien documentés. Ce modèle contribue à la déforestation, aux émissions de gaz à effet de serre, à la perte de biodiversité, ainsi qu'à la pollution des sols et des eaux.
Elle a ajouté : « Ce livre blanc n'est pas un document ordinaire. Face aux défis, il propose une transition vers des systèmes alimentaires axés sur l'agroécologie, l'équité sociale, la justice gouvernementale et l'innovation. Sa pertinence dépendra de vos retours et de votre validation. Cet atelier vise à enrichir le document à partir de vos expériences pour en faire un véritable outil de changement. »
Les résultats de cet atelier sont significatifs, notamment grâce aux recommandations du livre blanc qui s'alignent sur les réalités et priorités des acteurs locaux, garantissant ainsi une meilleure prise en compte des défis concrets.

Barigue Yimpape, environnementaliste à la direction de l'environnement, a encouragé les participants, en particulier les OSC, à s'approprier ce livre blanc et à œuvrer pour sa large diffusion. Il a déclaré : « Nos attentes sont que, une fois validé, le livre blanc soit concrétisé sur le terrain pour améliorer la vie de nos concitoyens, surtout en matière de sécurité alimentaire. Le leadership de JVE dans cet atelier est indiscutable et tous les acteurs présents doivent contribuer à l'enrichir et à le mettre en œuvre. »
Enfin, cet atelier s'est conclu par la formulation de plaidoyers et de recommandations destinées aux autorités gouvernementales et aux acteurs de la société civile.





